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30.10.2006
People
Il n'est pas fréquent de cotoyer les stars de la discipline; alors quand l'un des meilleurs ironmen du moment mange son hamburger à une table voisine, quelques jours après la course, on en profite pour faire une photo souvenir. Et on remercie Faris Al Sultan (vainqueur en 2005 à Hawaii et 3ème cette année) pour sa grande gentillesse et sa disponibilité.
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29.10.2006
Photos Hawaii 2006
Quelques aperçus de l'Ironman d'Hawaii. Notez la marque des lunettes à la sortie de l'eau. La photo de l'arrivée est éloquente quant à mon état...
Au début du parcours vélo.
Champs de lave et lignes droites interminables à vélo.
Aloha !
Début du marathon sur Alii Drive.
Pour l'instant tout va bien !
Là par contre, je souffre...
Ouf !
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Hawaii 2006 : 644ème et 10h35
Tels sont mon rang et mon temps pour mes premiers championnats du monde distance ironman. Une déception mais aucun regret malgré tout : ma préparation a été parfaite, et je n'ai eu aucun souci pendant la course, que ce soit d'ordre physique ou mécanique. Le niveau est tout simplement ENORME et il me reste beaucoup de travail à accomplir pour bien figurer au plus haut niveau. Enfin, l'ironman est imprévisible : c'est ce qui fait sa magie. Il réclame qui plus est de l'expérience : or je bouclais là mon 4ème IM. Patience et longueur de temps, travail et abnégation, sont nécessaires pour progresser. Tels sont les enseignements à tirer de cette magnifique mais ô combien difficile épreuve. La démonstration avec le film de ma course ci-dessous.
Le départ natation est donné à 7h00 pour les groupes d'âge, 15' après les pros. Lorsque le canon résonne dans la baie de Kona, je m'élance, ravi mais sans combinaison néoprène, dans les eaux chaudes et limpides du Pacifique, en prenant l'option d'un départ excentré à gauche sur la ligne et ce afin d'éviter la bagarre. Bien m'en a pris et je peux nager rapidement sans prendre de coups. Je laisse derrière moi une foule très nombreuse, chauffée à blanc par un speaker en délire et une organisation démentielle : écrans vidéos géants, arches publicitaires gigantesques etc...il ya même une voiture du sponsor principal (Ford) exposée sur l'eau, sur un énorme matelas gonflable estampilé Ford, à côté de la ligne de départ natation ! Pas de doute, je suis bien au coeur du mythe du triathlon mondial ! Alors que je m'éloigne de la berge pour rejoindre le bateau marquant le demi tour et la moitié du parcours natation, la voix du speaker et la musique se font plus faibles : seuls le bourdonnement des hélicoptères de la télévision qui stationnent au dessus de nos têtes est percpetible.
Pour ma part, je m'applique à bien glisser, et à bien m'allonger dans l'eau, la natation n'étant pas mon point fort. Peu avant le demi-tour, je suis victime de douleurs aux arcades sourcillères : la faute à un réglage de lunettes trop fort afin de résorber une fuite d'eau qui était apparue peu avant le départ dans mes lunettes. La douleur est telle que je suis pris de violents maux de tête, puis d'étourdissements. Au bateau du demi tour, donc à mi-course, je relève mes lunettes quelques secondes, sans prendre le temps de modifier le réglage ce qui me ferait perdre trop de temps. J'en profite pour jeter un oeil au chrono : 34', je suis dans les clous (la natation à Hawaii est toujours plus lente en raison de l'interdiction de porter une combi néoprène - l'eau est trop chaude- ce qui a pour conséquence de ne pas avantager les piètres nageurs comme moi).
Me voilà reparti en direction de la côte; je suis à nouveau contraint de stopper deux fois ma progression pour soulager mes arcades. La fin du parcours me paraît bien longue et j'éprouve beaucoup de difficultés à nager droit : le courant est fort. A la sortie de l'eau, j'ai les arcades en feu (les photos sont éloquentes) : ma montre m'indique 1h20 passée dans l'eau ! Le moral en prend un coup et j'effectue une transition médiocre, un peu sonné par la déception d'une seconde moitié du parcours natation très décevante.
J'enfourche mon vélo et entame ce qui d'habitude est une chevauchée fantastique tant je double des concurrents. Mais là, les jambes ne répondent pas présentes : certes, je suis sans cesse en train de doubler, le clignotant à gauche comme on dit, mais les sensations ne sont pas bonnes; elles ne sont pas mauvaises, mais elles ne sont pas bonnes (surtout par rapport à la forme que j'affichais la semaine précédente): or, à Hawaii, il faut être au top.
Je tente de ne pas me décourager et poursuis ma remontée; le vent faible est défavorable jusqu'à Hawi (demi-tour). Suit une longue portion plutôt descendante où les grosses cuisses font parler la poudre : la rage au ventre, je me résous à tirer du braquet pour rester au contact d'un groupe qui roule bien. A ma surprise, j'emmène assez correctement le 53x12 (voire le 11 parfois) et laisse même le groupe derrière moi à la faveur d'une des nombreuses montées. Car contrairement aux idées reçues, le parcours vélo d'Hawaii est loin d'être plat : affichant 1200m de dénivelé positif, il n'offre aucune récupération, obligeant à rouler sur le gros plateau tout au long des 180 km qui s'apparentent à un toboggan.
Nous sommes maintenant à 40 km de Kona et l'arrivée de la pluie (même s'il fait très chaud - plus de 30°c -ce qui n'est pas pour me déplaire) coïncide avec une baisse de régime. Je ne peux plus emmener de gros braquets et préfère tourner les jambes en prévision du marathon pour lequel je fonde beaucoup d'espoirs. J'avais d'excellentes sensations à pied ces derniers temps et le travail effectué à l'entraînement renforce ma confiance.
Malgré mon choix de ne plus trop faire d'efforts à vélo, je suis fatigué et mes jambes sont sans force. Les 10 derniers kilomètres sont difficiles. Je pose le vélo 745 ème et effectue une transition correcte en 2'45". Je m'élance sur le marathon au bout de 6h49 de course, ce qui me laisse 3h11 pour passer en 10h00 la ligne d'arrivée. C'est jouable (3h22 à Lanzarote en Mai) mais il faut sortir le très grand jeu.
Dès les premières foulées, je ne me sens pas bien : je vais vite mais je n'éprouve pas les sensations de légèreté caractéristiques des mes débuts de marathon. J'évacue ces pensées négatives et tente de rester concentré. Je passe aux 20 km en 1h30 ce qui laisse augurer d'un temps final au marathon en 3h15. Avec le rush final de l'arrivée, c'est encore jouable de passer en 10 heures, mais je n'ai pas le droit à l'erreur.
Après l'aller / retour sur Alii drive, nous empruntons Palani Road pour rejoindre la High Way qui nous mène au mythique Energy Lab (espace de recherche scientifique) et sa fournaise légendaire. L'ambiance dans Palani Road est extraordinaire, digne d'une montée de l'Alpe d'Huez lors d'une étape du Tour de France. Je passe devant les français qui se sont rassemblés : les "allez Yann" et "Allez la France" me donnent des ailes et se mêlent aux "good job" et aux "you're looking good" des anglophones.
Me voici sur la high way et son ruban de bitume interminable : je connais une baisse de motivation; devant moi s'étire une file ininterrompue d'athlètes. Je maintiens malgré tout une vitesse correcte même si je sens que quelque chose ne tourne pas rond. Je n'oublie pas de m'alimenter très régulièrement : les ravitaillements sont parfaits avec du Gatorade (sponsor de l'épreuve), du coca, de l'eau, de la glace, des gels énergétiques, des bananes etc... et toujours une ambiance de folie avec sono et spectateurs en nombre.
J'aperçois enfin les radars d'Energy Lab : ouf, je commençais à trouver le temps long. La descente dans la fournaise s'effectue sans difficulté. Mais arrivé au demi tour, c'est le coup de bambou. Je ne parviens pas à conserver ma foulée et ma vitesse est considérablement diminuée. C'est le début d'un long chemin de croix durant les 12 kilomètres qui me séparent de l'arrivée. Je ne pense plus qu'à une chose : terminer ! De nombreux athlètes que j'avais doublés me rejoignent et me déposent littéralement. Je croise de nombreux concurrents dans l'autre sens qui marchent : je ne suis pas le seul à souffrir, mais je me refuse à cesser de courir. La prise de gels énergétiques supplémentaires n'y change rien : je suis toujours autant "arrêté".
Les 5 derniers kilomètres sont atroces : je n'ai plus de force, et je suis soutenu à bout de bras par Gérald Le Nourry, un ami dijonnais qui dispute les championnats du monde x-terra le 29 octobre sur l'île de Maui (1,5 km natation, 30 à 40 km vtt et 10 km de trail).Porté par ses encouragements, je tente de courir plus vite : je fais illusion 200 m; mes jambes n'avancent plus; je suis incapable de me "faire mal" ce qui est sans aucun doute le plus rageant. Je ne parviens pas à dépasser la douleur.
La descente de Palani Road achève de me détruire les quadriceps et c'est enfin le retour sur Alii Drive avec au bout, l'arche d'arrivée. La foule se fait de plus en plus dense et hurlante : c'est inimaginable la ferveur populaire qui règne ici autour de l'ironman. J'accélère le rythme porté par cette ambiance exceptionnelle. Je franchis la ligne sans entendre le speaker annoncé mon nom et ma nationalité. J'ai du mal à trouver mon souffle, je titube : 2 bénévoles m'épaulent et m'accompagnent en direction de l'aire d'arrivée. Je ne dois pas être bien beau à voir car l'un d'eux me demande si j'ai besoin d'une assistance médicale. En guise de réponse, mes nerfs lâchent complètement et je fonds en larmes ! Le phénomène est incontrôlable et dure une bonne minute avant que je sois enfin capable de reprendre mes esprits. J'ai tout donné, j'ai rallié l'arrivée au moral et mon état de fatigue avancée plus l'émotion de franchir la ligne d'arrivée du plus mythique triathlon au monde ont eu pour résultat cette hémoragie lacrymale.
Dans l'aire d'arrivée réservée aux athlètes, je retrouve Nathalie qui doit sa présence dans cet espace au passe dispensé par l'organisation aux conjoints des concurrents.
Hawaii s'achève, avec le plaisir d'avoir fait le maximum, même si il reste un goût d'inachevé : ne pas avoir pu donner la pleine mesure de mon potentiel (certainement très impressionné par l'épreuve) et aussi parce qu'il reste beaucoup de travail pour performer ici. Au travail donc après une coupure bénéfique.
Merci à toutes les personnes qui m'ont supporté dans cette aventure : famille, amis, collègues du collège, parents d'élèves, mes clubs (TMC, EAM, VTT VB) etc... Merci tout particulièrement à mes partenaires : Cube, Schwalbe, Stronglight, Syntace, Ked, Ciclosport et au conseil général du rhône ainsi qu'au vtt vb pour leur soutien financier.
10:55 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
13.10.2006
Go !!!!
Cette fois, nous y sommes : les valises sont prêtes, un dernier footing de récup ce matin très tôt avant d'aller bosser (5h45...je n'ai jamais été un grand dormeur) ponctuent cette dernière journée dans mon Beaujolais. Les vignes commencent à rougir, j'ai ressorti le bonnet : c'est l'automne. Etrange sensation que de garnir la valise de shorts et de t-shirt alors que la météo est maussade.
A Kona, la pression monte doucement : le plus gros contingent d'athlètes est attendu ce week-end. Ce sera notre cas avec une arrivée prévue dimanche à 11h15 sur big island.
Merci à toutes et tous pour vos messages d'encouragement et de soutien qui affluent sur mes messageries (mobile, et électronique). Je tenterai de donner quelques nouvelles depuis Kona.
Rappel pour suivre la course : ironman.com, dossard 1428 ou tapez le nom de l'athlète. Départ à compter de 19h00 heure française, samedi 21 octobre.
11:04 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.10.2006
Le calme avant la tempête
Semaine très cool à l'entraînement avec 16 heures de prévues.Belle séance à pied mardi : 20x200m non stop en 34" tout en étant très relaché, ce qui est bien pour moi. Séance réduite à 15 200m en vue d'Hawaï.
En natation, j'ai effectué mes premières séances avec le club de natation de Belleville-sur-saône. Hier fut un gros morceau avec un exercice que j'apprécie tout particulièrement : le travail des jambes. J'ai trouvé les 10x50m très longs! Cela n'était pas le cas des jeunes du club (certains ont à peine 10 ans) qui me doublaient à qui mieux mieux : facile pour eux et beaucoup d'humilité pour moi. Allez, y'a encore du pain sur la planche.
Concernant mon départ : mon vélo est dans sa valise, prêt et nettoyé de frais (faut être beau pour les Ford Ironman world championship !). Donc aujourd'hui, j'utilise mon vtt pour 2h15 de route enchaîné 1h à pied derrière avec 2x3000 m à 85%. Et puis terminé, ensuite c'est de l'entretien, de l'excitation musculaire...avant la tempête du 21.
09:09 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
08.10.2006
Petit joueur
Des athlètes expérimentés sur Hawaï m'ont conseillé de mettre un départ 11 dents sur ma cassette. Ca me paraît titanesque mais bon, si le vent est favorable, il paraît que ça peut servir (dans les descentes!). Mais quand je lis dans le dernier numéro de Triathlète que Pat Vernay roule avec un 55x11, ça me laisse rêveur...moi avec mon 53x11, je peux aller jouer aux billes !
21:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Tenue de course Hawaï
21:34 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07.10.2006
Compte à rebours et séances en cours
Dans une semaine, je serai en direction de Roissy : avion à 13h15 pour San Fransisco via Washington. Nuit en Californie pour un dernier saut aérien jusqu'au milieu du Pacifique le lendemain : arrivée prévue à Kona le dimanche 15 à 11h00...avec 12h de décalage horaire et pas loin de 20h00 de vol à digérer.
Programme de la semaine en cours : 18h00 avec une baisse du volume et une intensité accrue. Exemple mardi sur piste : 30x150 m en 25" 25,5" (et 1 ou 2 en 26" en raison du vent et d'un début de série trop rapide : moins de 25"). Super dur !! D'autant que la récup était de 20"...
Week-end tranquille en perspective : 1h nat+1h30 cap + 1h vélo samedi; dimanche : 2h30 vélo avec un dernier travail de force (mais une seule série, le bonheur!). Ensuite, on prépare les shorts dans la valise...
07:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















